Fondation Beyeler

 
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vendredi, 7. octobre 2011

Des œuvres de vieillesse ?

Des œuvres de vieillesse ?

L’installation de l’exposition organisée à l’occasion du centenaire de la naissance de l’artiste Louise Bourgeois, décédée l’année dernière, et que l’on peut voir à la Fondation Beyeler jusqu’au 8 janvier, m’a donné l’occasion d’avoir des discussions passionnantes avec son assistant et confident de longues années Jerry Gorovoy. Certaines ont porté sur Matisse : tout à  la fin de sa longue vie, alors que ses forces physiques déclinaient mais qu’elle conservait toute sa présence d’esprit, Louise Bourgeois a, nous a-t-il raconté, cherché un moyen d’expression plus maniable. Elle l’a trouvé dans les tissus d’anciens vêtements qu’elle avait portés, et dont elle a fait des tableaux d’une grande poésie. On peut en voir quelques-uns actuellement à la Fondation Beyeler. Alors que nous discutions de l’atelier Acanthes, nous nous sommes demandé, Jerry et moi, si Matisse n’avait pas vécu la même expérience. Toujours très actif malgré une grave maladie et un âge avancé, celui-ci a cherché dans ses découpages un moyen d’expression qui lui permettrait physiquement de poursuivre son travail. Pour Louise Bourgeois, ses vêtements étaient porteurs de souvenirs ; elle a également fait ses tableaux d’étoffes à partir de souvenirs. On peut se demander s’il n’est pas possible de considérer de la même façon le répertoire formel que Matisse a élaboré. C’est certainement le cas des deux grands travaux sur l’Océanie qui représentent indéniablement des souvenirs de son séjour en Polynésie. Au demeurant, Matisse comme Louise Bourgeois étaient des donneurs d’idées et des arrangeurs de leurs œuvres ; ils ont l’un comme l’autre élaboré le concept de chaque tableau, laissant son exécution technique à des assistants, qu’ils contrôlaient rigoureusement.