Fondation Beyeler

 
Contribution 2012
Contribution 2011
Contribution 2010
Contribution 2009
< Back to overview
jeudi, 15. décembre 2011

Matisse aux États-Unis I

Matisse aux États-Unis I

 

„ La première fois que j’ai vu l’Amérique, c’est-à-dire New York, à 7 heures du soir, ce bloc noir et or  dans la nuit se reflétant dans l’eau, je fus complètement extasié. Quelqu’un disait près de moi sur le bateau: ‚C’est une robe pailletée’, ce qui m’aida à préciser ma vision. New York m’apparaissait comme une pépite d’or. “

Henri Matisse 1930

Bien sûr, ce n’est pas en bateau que nous sommes arrivés à New York comme Matisse en 1930, mais le spectacle de la ville enveloppée de brume n’en est pas moins impressionnant par le hublot de l’avion.

Tous ceux qui se passionnent pour Matisse accordent aux États-Unis une place prépondérante. En effet, l’œuvre de celui-ci y a été rapidement très appréciée et les collectionneurs s’y sont intéressés dès sa percée au sein du mouvement des « Fauves ».
Ajoutons que l’œuvre de Matisse a toujours été présente à New York grâce à la galerie qu’y tenait son fils Pierre, lequel a également servi d’intermédiaire pour des commandes de collectionneurs américains, comme le couple Brody de Los Angeles.

Les États-Unis ne s’intéressent pas seulement à l’œuvre de Matisse sur le plan de l’histoire de l’art, mais aussi sur celui de la conservation. S’agissant des papiers découpés, il convient d’évoquer le rôle essentiel d’Antoinette King, ancienne restauratrice spécialisée dans les papiers au MoMA, qui a publié en 1977 un article fondamental sur le mode de travail et la technique de Matisse.  

Le Museum of Modern Art (MoMA), où Alfred Barr s’est dépensé sans compter pour l’œuvre de Matisse, possède, outre de nombreuses toiles, des papiers découpés de toute première importance. Lors d’une visite sur place, nous avons pu comparer « La Piscine » et « Souvenir d’Océanie » à « Acanthes », une expérience absolument captivante. Un échange actif et fructueux avec les restaurateurs et conservateurs de cet établissement a porté notamment sur les fonds des œuvres, qui n’ont pas connu le même processus de vieillissement.